Le ROBVQ prend position sur les néonicotinoïdes

Le ROBVQ a pris connaissance de la Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018. L'organisme se dit satisfait de l’objectif d'interdire l’utilisation de tous les néonicotinoïdes pour l’entretien des pelouses et des plates-bandes et de celui de favoriser l’utilisation des semences non traitées aux néonicotinoïdes par l’introduction d’incitatifs économiques.

Comme le gouvernement déposera à l’hiver 2016 un projet de modernisation de la Loi sur les pesticides, le ROBVQ va plus loin en lui demandant de bannir d’ici 5 ans l’utilisation des néonicotinoïdes au Québec. L’organisme propose également des mesures transitoires, notamment l’accompagnement des producteurs agricoles afin que ces derniers mettent en œuvre de bonnes pratiques dans ce domaine.

Les néonicotinoïdes

Les insecticides de la classe de néonicotinoïdes sont largement utilisés pour enrober les semences de maïs et de soya afin de les protéger contre les ravageurs des semis en agissant sur le système nerveux des insectes. Trois néonicotinoïdes (imidaclopride, thiaméthoxame et clothianidine) sont hautement toxiques pour les abeilles et contribuent à leur déclin. En 2012 et 2013, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada a révélé qu’environ 70 % des abeilles mortes recueillies en Ontario et au Québec contenaient des résidus de néonicotinoïdes (Stratégie québécoise sur les pesticides). Au Québec, il est estimé que les semences traitées aux néonicotinoïdes sont utilisées sur près de 100 % de la superficie des cultures de maïs et sur plus de 50 % de la superficie des cultures de soya, ce qui représente environ 500 000 hectares (Stratégie québécoise sur les pesticides).

Parmi les constats soulevés dans la Stratégie :

« À long terme, ces insecticides ont des effets négatifs sur la santé des abeilles et sur leur capacité à collecter du pollen, à s’orienter et à se reproduire. Elles deviennent également plus vulnérables aux maladies;

Les néonicotinoïdes peuvent altérer les fonctions immunitaires des oiseaux et des poissons, en plus de réduire leur croissance et leur reproduction;

Sur les invertébrés terrestres, comme les vers de terre, les effets vont de la modification du comportement, telle que l’arrêt de l’alimentation, jusqu’à la mortalité ».

Concernant les risques d’impacts sur la santé humaine et sur la qualité de l’eau :

« Alors que seul 1 % des échantillons de fruits et légumes produits au Québec dépassent la norme légale de résidus de pesticides, ceux-ci sont détectés sur 41 % de ces fruits et légumes analysés, entre 2007 à 2011, par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Parmi les puits individuels échantillonnés par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) près de zones en culture, 69 % ont montré des traces de pesticides.

Des concentrations de pesticides sont décelées chaque été dans tous les cours d’eau échantillonnés en milieu agricole au Québec (MDDELCC). Dans 48 % des cours d’eau, de 20 à 33 pesticides différents sont détectés » (Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018). 

Pour prendre connaissance de la position complète du ROBVQ sur les néonicotinoïdes

Pour prendre connaissance de la Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018

Pour plus d'informations sur les néonicotinoïdes

Source : ROBVQ, MAPAQ, MDDELCC

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