Les algues bleu-vert, la lutte n’est pas terminée

Problématique

Depuis quelques années, on entend de moins en moins parler de cas d’algues bleu-vert dans les lacs de notre région, pourtant la problématique reste toujours présente. Les algues bleu-vert, aussi appelées cyanobactéries, sont microscopiques et invisibles lorsqu’elles sont naturellement présentes en faible quantité dans l’eau. Cependant, lorsque les conditions favorables à son développement se manifestent, les cyanobactéries se multiplient rapidement jusqu’à former ce que nous appelons «une fleur d’eau». Loin de ressembler à une fleur, elle s’accumule près du rivage sous forme d’écume semblable à un déversement de peinture bleu-vert qui peut contenir des cyanotoxines. Ces toxines que peuvent produire les algues bleu-vert ont des effets néfastes pour la santé au toucher et par indigestion.  Elles peuvent entre autres causer des irritations, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, des diarrhées et une indigestion en grande quantité peut affecter le foie ou le système nerveux.

Coupables

Plusieurs facteurs sont responsables de la prolifération d’algues bleu-vert comme la température élevée de l’eau, le faible courant ou la stagnation de l’eau. Toutefois, le plus grand facteur favorable à la prolifération de ceux-ci est le taux trop élevé de phosphore dans les plans d’eau. Utilisé comme fertilisant, le phosphore est l’un des principaux éléments nutritifs des plantes. Les activités humaines contribuent grandement à augmenter sa présence dans les milieux aquatiques. Le phosphore des fertilisants utilisés pour l’agriculture, l’entretien du gazon ou du jardin se retrouvent dans les eaux de ruissellement qui s’écoulent pour aboutir dans les cours d’eau et les lacs. Les produits nettoyants sont aussi une source potentielle de phosphates qui peut s’échapper par les installations septiques inadéquates.

Solutions

Pour prévenir l’apparition d’algues bleu-vert, les gestes écoresponsables sont soulignés. Un très bon moyen d’éviter cette présence est de restaurer la végétation de la rive. Les végétaux en bordure d’un plan d’eau retiennent le sol qui peut être riche en phosphore ce qui leur permet d’utiliser cet élément pour favoriser leur propre croissance. De plus, la présence arborescente et arbustive dans cette zone permet de conserver l’eau plus fraîche. Il serait judicieux de choisir la santé de l’eau avant celle de la pelouse en limitant l’emploi d’engrais chimique, de compost ou de fumier. L’utilisation de savon sans phosphate devrait être privilégiée et la conformité des fosses septiques devrait être vérifiée plus vigoureusement. Pour lutter contre ce problème, les efforts d’adoption de gestes écoresponsables exigent la participation de tous, tant de la part des citoyens que des acteurs économiques, des autorités municipales et gouvernementales.

 

Auteure: Cloé Rousseau

 

Sources :

COALITION EAU-SECOURS ! Agir pour lutter contre les algues bleu-vert, Stéfanie Tremblay, Septembre 2007 [en ligne] (consulté le 11 juillet 2014) http://eausecours.org/espublications/brochure_algue-bleu.pdf

MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, Algues bleu-vert, Gestion des épisodes de fleur d’eau, 2013 [en ligne] (consulté le 11 juillet 2014) http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/algues-bv/gestion/

INFO ALGUES BLEU-VERT [en ligne] (consulté le 11 juillet 2014) http://www.infoalguesbleuvert.com/informations.php

MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L’ENVIRONNEMENT, FAUNE ET DES PARCS, Les algues bleu-vert dans nos plans d’eau, 2008, ISBN : 978-2-550-53587-4 
http://cobaric.qc.ca/wp-content/uploads/2014/01/Les_algues_bleu-vert_dans_nos_plans_eau.pdf

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