Secteur municipal

Besoin d’information concernant des problématiques en lien avec l’eau?

L’Organisme de bassin versant Lac-Saint-Jean peut vous fournir divers documents, dépliants ou formations en lien avec les problématiques reliées à l’eau qui sont présentes sur le territoire du bassin versant du lac Saint-Jean.

L’Organisme de bassin versant Lac-Saint-Jean dispose d’une grande quantité de dépliants et de documents de sensibilisation qu’il met à disposition des municipalités selon leurs besoins. À ce propos, des présentoirs ont été distribués et placés dans les municipalités pour informer la population sur diverses problématiques en lien avec l’eau. Une trentaine de présentoirs, fabriqués par un ébéniste local, ont ainsi été distribués dans la plupart des municipalités du Lac-Saint-Jean.

Si vous avez besoin de dépliants ou de documents, n'hésitez pas à nous contacter, nous avons probablement ce qu'il vous faut. 

Besoin d’une aide pour la mise en place d’un nouveau règlement dans le domaine de l’eau?

L’Organisme de bassin versant Lac-Saint-Jean peut vous accompagner et vous conseiller dans la mise en place d’un tel règlement.

 

Besoin d’appui pour la réalisation d’un projet?

L’Organisme de bassin versant Lac-Saint-Jean peut vous accompagner dans la réalisation d’un projet en lien avec la qualité de l’eau.

 

Besoin d’expertise pour la réalisation d’un projet?

L’Organisme de bassin versant peut vous faire bénéficier de son expertise pour différents projets en lien avec la qualité de l’eau.

 

Contactez-nous

Les installations septiques

L'importance d’une installation conforme

Les résidences qui ne sont pas raccordées au réseau d’égout se doivent d’utiliser une installation septique afin d’évacuer et de traiter les eaux usées produites. L’installation conforme et l’entretien adéquat de l’installation septique permettent d’éviter des conséquences importantes et variées : la contamination de l’eau, la contamination des sols, des refoulements d’égouts dans la résidence, dégradation des milieux naturels, diminution de la valeur de la propriété, impact sur la santé, etc. 

Boîte à outils sur la gestion intégrée des installations sanitaires des résidences isolées

Le Regroupement des Organismes de bassin versant du Québec a élaboré une boîte à outils qui présente plusieurs informations cruciales pour l'adoption de programmes de gestion intégrée des installations sanitaires des résidences isolées.
En consultant cette boîte à outils, les municipalités seront informées les démarches de planification nécessaires: portrait initial des installations, inspections préventives en continu et incitatifs financiers pour la mise aux normes.
Pour consulter la boîte à outils: https://robvq.qc.ca/guides/eaux_usees_domestiques

Règlement municipal ayant pour objet le bon fonctionnement des installations septiques

En 2014, OBV Lac Saint-Jean a produit un Guide pour la mise en place d'un règlement municipal ayant pour objet le bon fonctionnement des installations septiques avec la collaboration de la municipalité de Sainte-Hedwidge.

Le guide s'inspire de l’expérience de cette municipalité qui a adopté, en 2010, un règlement obligeant les propriétaires à maintenir des installations performantes et non polluantes. Sainte-Hedwidge a accepté de faire profiter d’autres municipalités de son expérience en aidant l’OBV Lac Saint-Jean dans la réalisation de son guide. Ainsi, le guide a été amélioré avec l'aide du directeur général de Sainte-Hedwidge et de l’inspecteur municipal de deux municipalités voisines.

Depuis la publication, les municipalités Lac-Bouchette, Saint-François-de-Sales et Chambord ont adopté un règlement semblable à celui de Sainte-Hedwidge.

Dans les prochains mois, l’OBV souhaite compléter le projet en rendant disponible aux municipalités une version mise à jour du Guide ainsi qu'un fichier Excel qui facilitera l'application et la gestion de la nouvelle réglementation.

Un exemple de projet pour lequel l'OBV a contribué

Documents et outils de sensibilisation

Liste des entrepreneurs réalisant la caractérisation et la conception de fosses septiques

Préalablement à la mise en place d’une installation septique, une caractérisation du site et du terrain récepteur est obligatoire. Afin de faciliter cette étape, une liste des entrepreneurs réalisant la caractérisation et la conception de fosses septiques sur le bassin versant du lac Saint-Jean est mise à jour chaque année. Nous conseillons aux officiers municipaux de transmettre cette liste aux propriétaires lorsqu’il est question de travaux concernant les installations septiques. 

 

Liste des entrepreneurs réalisant la caractérisation et la conception de fosses septiques sur le bassin versant du lac Saint-Jean
Publié le 4 juillet 2017

Le Répert’EAU: un répertoire de bonnes pratiques en gestion de l’eau au Québec

La gestion de l’eau est l’affaire de tous! Les intervenants provenant de secteurs variés (ex : municipal, communautaire, économique, etc.) sont tous interpellés pour améliorer l’utilisation de la ressource afin de la préserver pour les générations futures. Parmi ceux-ci, les municipalités représentent des intervenants clés notamment en raison des nombreuses compétences légales qu’ils détiennent en ce domaine. Au Québec, les municipalités se mobilisent de plus en plus pour améliorer de la qualité de l’eau et les actions sur le territoire se multiplient. Le partage de ces expériences se veut enrichissant et permet d’amener un plus grand nombre de municipalités à suivre le courant! Justement, un outil a été développé dans ce but, le Répert’EAU

Qu’est-ce que le Répert’EAU

En octobre 2014, le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ) et leurs partenaires ont mis sur pied un répertoire en ligne, sous la forme d’une plateforme Web, visant le partage des bonnes pratiques en gestion de l’eau. Le Répert’EAU est un outil interactif qui permet la création d’une communauté active liée par le partage des meilleures expériences, tout en assurant une communication continue entre les utilisateurs. Les municipalités peuvent ainsi s’inspirer des expériences qui y sont présentées pour réaliser des actions sur leur territoire. Un abonnement aux alertes courriel est également possible afin de rester informés des dernières bonnes pratiques ajoutées.Les bonnes pratiques sont présentées dans une fiche d’expérience synthèse et sont classées par principales compétences légales des municipalités en gestion de l’eau, par enjeu de l’eau ou encore par secteur d’activité.

Comment faire pour inscrire une bonne pratique?

L’Organisme de bassin versant Lac-Saint-Jean encourage fortement les acteurs municipaux et les intervenants à alimenter le Répert’EAU via l'onglet «Partagez vos bonnes pratiques» dans le haut de la page d'accueil. Il faut compter entre 30 minutes et 60 minutes pour remplir le formulaire. À noter que les pratiques doivent avoir été réalisées avec un acteur municipal local ou régional, mais que des organismes ou autres intervenants responsables de la mise en œuvre d’un projet en collaboration avec une municipalité peuvent remplir le formulaire. L’Organisme de bassin versant Lac-Saint-Jean a conçu une fiche pour aider les intervenants à réunir toute l’information nécessaire à l’ajout d’une bonne pratique. Elle est disponible au bas de cette page.

Des exemples variés de bonnes pratiques

Parcourir le répertoire permet de prendre connaissance de l’importante diversité des bonnes pratiques municipales en matière de gestion de l’eau. Voici quelques projets réalisés sur le territoire qui ont été ajoutés au répertoire.

Le projet L'EAUGIC de Négawatts Production

Le projet L’EAUGIC est une initiative de Négawatts Production visant à accompagner les municipalités dans l'atteinte des cibles de la Stratégie québécoise d'économie d'eau potable. En 2015, la ville d'Alma a bénéficié des services de Négawatts et le projet L'EAUGIC y a été déployé au cours de l'été. Une équipe de deux intervenants ont sillonné les rues de la municipalité, en faisant des visites à domicile, afin de sensibiliser les citoyens à l'importance d'utiliser l'eau de manière responsable.

Le projet Végétalisons le Lac de la municipalité de Girardville

Le projet Végétalisons le Lac est une initiative de la municipalité de Girardville visant à sensibiliser la population à l’importance de la bande riveraine pour la qualité de l’eau et plus précisément pour celle du lac des Coudes. En 2014, un atelier dans des classes du primaire a été donné et les jeunes ont été invités à participer à une journée de plantation avec leurs parents. Un panneau explicatif sur l'importance des bandes riveraines a également été installé sur le site.

Le projet de vérification du bon fonctionnement des installations septiques de Lac-Bouchette

Au printemps 2014, la municipalité de Lac-Bouchette a adopté un règlement visant à s'assurer du bon fonctionnement des installations septiques sur son territoire. L'objectif premier de cette vérification est de s'assurer que chacune des résidences isolées se trouvant à l'intérieur de la municipalité de Lac-Bouchette soit dotée d'une installation septique en bonne condition afin de préserver la qualité des plans d'eau présents sur le territoire. Depuis l'entrée en vigueur du règlement, c'est 250 installations qui ont été inspectées avec succès.

Le projet de restauration de bandes riveraines dans le bassin versant de la rivière Ouiatchouan (CGRO)

Pour une deuxième année consécutive, le Comité de gestion du bassin versant de la rivière Ouitachouan (CGRO) a réalisé en 2015 un projet de sensibilisation et de restauration des bandes riveraines pour les municipalités de Chambord, de Saint-François-de-Sales et de Lac-Bouchette. Une agente de sensibilisation a sillonné le territoire de ces trois municipalités pendant la période estivale. Son mandat était de sensibiliser les riverains à l'importance de la bande riveraine et d'inciter les citoyens à prendre part au volet «reboisement» du projet.

Le projet de sensibilisation aux économies d’eau potable de la Société de gestion environnementale pour la ville de Dolbeau-Mistassini

Au cours des étés 2014 et 2015, la Société de gestion environnementale (SGE) a été mandatée par la ville de Dolbeau-Mistassini pour réaliser des activités de sensibilisation sur les économies d'eau potable. Des trousses d'économie d'eau potable ont été vendues à prix réduit aux citoyens de la ville, l'équipe de la SGE a rencontré les jeunes des camps de jour, a sillonné les rues de la ville à vélo et a tenu des kiosques dans les événements estivaux. Une tournée de sensibilisation des ICI (Institutions, commerces et industries) a également été réalisée en 2015.

Rendez-vous sur le site web du Répert'EAU pour découvrir  des bonnes pratiques et y inscrire les vôtres! http://reperteau.info/

Fiche d'aide pour la préparation à l'ajout d'une bonne pratique
Publié le 29 février 2016

La gestion durable des eaux pluviales

Les bénéfices de la gestion durable des eaux pluviales

Une gestion durable des eaux pluviales apporte plusieurs bénéfices aux municipalités québécoises et à l’environnement. «Une bonne gestion des eaux de pluie permet de réduire les phénomènes d’érosion et de lessivage des sols qui causent la contamination de nos cours d’eau. Elle permet aussi de réduire les apports en eau aux usines d’assainissement des eaux usées et donc de diminuer les épisodes de débordement des réseaux d’égouts», affirme Antoine Verville, directeur général adjoint du ROBVQ. «Des interventions innovantes et bien planifiées par le secteur municipal peuvent par ailleurs permettre de réduire les coûts de construction et d’entretien des infrastructures municipales» poursuit-il.

Des actions simples peuvent être entreprises dès maintenant par les municipalités québécoises pour amorcer un virage vers la gestion durable des eaux pluviales. « Des programmes de débranchement des gouttières, l’aménagement de noues végétalisées ou de jardins de pluie, la diminution des espaces imperméables tels que les stationnements ou le soutien aux producteurs agricoles pour l’adoption de bonnes pratiques au champ sont quelques exemples d’action que plusieurs municipalités de toutes tailles implantent déjà aux quatre coins du Québec », précise monsieur Verville.

 

Autodiagnostic municipal en gestion durable des eaux pluviales

Le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ) rend disponible son outil d’autodiagnostic municipal en gestion durable des eaux pluviales, accessible gratuitement en ligne

Cet outil a pour principal objectif d’appuyer les professionnels municipaux souhaitant améliorer la manière dont les eaux de pluie sont gérées sur leur territoire. Il permet par ailleurs de sensibiliser les élus municipaux aux actions qui peuvent être entreprises, en plus de permettre une autoévaluation des forces et faiblesses des municipalités et la priorisation des actions à entreprendre.

L’outil d’autodiagnostic s’adresse aux municipalités de toutes tailles et de milieux diversifiés. C’est pourquoi il comporte trois chapitres, traitant respectivement des mesures pouvant être implantées en milieux habité, agricole et forestier.

 

La gestion des eaux de pluie: une responsabilité partagée

L’exercice que propose l’outil d’autodiagnostic aux municipalités québécoises nécessite le savoir et les connaissances de professionnels variés: urbanistes, aménagistes régionaux, inspecteurs municipaux et gestionnaires de cours d’eau. De plus, il est fortement recommandé d’impliquer les organismes de bassins versants, ainsi que les élus municipaux dans le processus d’autodiagnostic.

Les alternatives aux sels de voirie

Le réseau et l'entretien hivernal

Sur l’ensemble du territoire municipalisé du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le réseau routier parcourt une distance totale d’environ 24 170 km. À titre d’exemple, cette distance est équivalente à faire quatre allers-retours en voiture entre Alma et Miami (Floride).

Bien que le niveau de fréquentation de l'ensemble de ce réseau, composé de routes nationales, de routes secondaires, de rang, etc., soit variable,  celui-ci doit être entretenu en période hivernale. Même si le type d’entretien peut être adapté en fonction de la fréquentation des automobilistes, du tracé de la route et des contraintes naturelles à proximité, la méthode classique la plus utilisée consiste à déneiger et à appliquer des sels de voirie.

Les effets des sels de voirie

Toutefois, les sels qui sont appliqués ne demeurent pas sur la route et ils se diffusent dans l’environnement. Lorsque les sels s’assèchent sur la route, ils deviennent alors une forme de poussière volatile qui peut être déplacée par le vent. Si les sels se retrouvent en solution, ils risquent de ruisseler et d’atteindre les cours d’eau, les lacs et les milieux humides. Ils peuvent aussi former des mares salines qui attirent les animaux sur les routes et qui augmentent les risques de collisions. Les sels peuvent aussi s’accumuler dans le sol et avoir un impact sur la fertilité des terres. L’infiltration dans le sol peut aussi avoir un impact sur la qualité de l’eau souterraine.

Dispersés dans le milieu, les sels de voirie ont plusieurs effets indésirables.

L’eau de surface dans laquelle des sels sont ajoutés subit une modification de sa densité, ce qui a pour effet de nuire aux brassages printaniers et automnaux des eaux. Cela engendre un manque d’oxygène dissous, une limitation de la disponibilité des nutriments, une modification de la productivité du lac et des bouleversements importants de cet écosystème. Par ailleurs, la salinité peut être toxique pour certaines espèces de poissons. Les bassins de rétention d’eau pluviale, les étangs, les petits lacs et les cours d’eau à proximité des routes sont plus sensibles aux ajouts de sels.

Plusieurs effets sont observés sur la flore. La présence de sels dans le sol a pour effet de créer un stress hydrique (ou osmotique) pour les végétaux présents. Cela implique que les plantes ne sont plus en mesure de capter suffisamment d’eau. Le couvert végétal est alors perdu, ce qui augmente l’érosion du sol. En plus du stress hydrique, les végétaux qui sont exposés aux sels (par le vent, le ruissellement ou l’infiltration dans le sol) présentent une diminution de la croissance générale et du développement des fleurs et des fruits, peuvent être affectés par des brûlures des feuilles, etc. Ces nombreux effets peuvent être observés jusqu’à 80 mètres des autoroutes et jusqu’à 35 mètres des routes à deux voies. De plus, une étude démontre que 11 des 15 espèces principales retrouvées dans les forêts canadiennes sont sensibles aux sels de voirie. À cela s’ajoute le fait que certaines espèces plus tolérantes au sel, dont des espèces exotiques envahissantes, risquent de remplacer les espèces indigènes.

De nombreux impacts sont également associés à la faune. Les mares salines en bordure des routes permettent à certains animaux tels que l’orignal ou le cerf de Virginie de consommer le sel afin de combler un déficit d’alimentation. Cependant, la présence de ces grands animaux augmente les risques de collision. Pour d’autres espèces comme la marmotte ou le lièvre, le sel est plutôt responsable d’empoisonnement. Enfin, comme l’environnement est affecté par le sel, les habitats sont affectés et limitent la survie des espèces.

La contamination des puits d’eau potable est un autre risque associé à l’utilisation de sels de voirie. Des études démontrent qu’entre 10% et 60% du sel épandu atteint les eaux souterraines peu profondes. Si cette eau est consommée par l’humain, des impacts sur la santé peuvent être observés : problème cardiovasculaire, maladies du foie ou des reins, problème de haute pression, etc.

Les stratégies

Heureusement, les responsables du réseau routier sont conscients de ces problématiques et de nouvelles approches sont développées et mises en place. En 1999, l’Association des transports du Canada a publié le Guide de gestion des sels de voirie. Une synthèse des meilleures pratiques de gestion des sels de voirie a ensuite été publiée en 2003. Puis, dans une approche de développement durable, le ministère des Transports du Québec a élaboré une Stratégie de développement durable 2009-2013 dans lequel le ministère s’engage à coordonner l’élaboration d’une Stratégie québécoise pour une gestion environnementale des sels de voirie et sa mise en œuvre. Cette stratégie a été développée avec plusieurs partenaires et a été publiée en 2010.  Celle-ci vise à limiter les impacts environnementaux en invitant les administrations concernées à adopter des meilleures pratiques et à opter pour des alternatives sur une base volontaire. En 2014, 29% des 133 600km du réseau routier québécois étaient associés à des administrations qui participent à la Stratégie.

Les alternatives

C’est dans ce contexte de développement durable que différentes alternatives sont proposées à l’utilisation des sels de voirie.

La méthode la plus avantageuse à mettre en place est le concept des routes blanches et des quartiers blancs. Les routes blanches consistent à adapter l’entretien hivernal des routes à proximité de zones vulnérables. Il s’agit de limiter au maximum l’utilisation d’abrasifs. Celui-ci est tout de même appliqué sous forme de mélange composé de sable, de petites pierres et d’un maximum de 5% de sel dans les pentes, les courbes et aux arrêts. Cette méthode a eu tellement de succès que le concept a été appliqué à l’échelle des quartiers pour créer des quartiers blancs. Selon les études réalisées, environ 80% des utilisateurs des routes blanches et des quartiers blancs sont satisfaits de l’entretien et souhaitent que cette pratique soit plus répandue, en particulier à proximité des cours d’eau. Plusieurs municipalités de la région en ont mis en place, notamment les villes de Roberval, Dolbeau-Mistassini et Saguenay.

Les abrasifs constitués de sable et de petites pierres peuvent également être utilisés sur de grande distance plutôt que de se limiter à quelques secteurs vulnérables. Toutefois, comme ils ne sont pas des fondants chimiques et qu’ils peuvent être dispersés hors de la route au passage des véhicules, ceux-ci ne sont pas recommandés pour une utilisation sur un réseau routier avec un trafic significatif. De plus, cette dispersion des particules dans l’environnement contribue à diminuer la qualité de l’eau via les matières en suspension et à augmenter les accumulations de sédiments au fond d’un lac, ce qui a aussi des effets sur la faune et la flore du milieu. Si ces particules se retrouvent dans les égouts ou les conduites d’eau pluviale, cela peut également augmenter les coûts d’entretien.

Puis, la gestion durable des eaux de pluie représente la seconde approche la plus intéressante. Celle-ci consiste à réduire l’impact des sels de voirie en retenant l’eau salée pour limiter l’écoulement vers les zones vulnérables. Il peut s’agir d’aménager des bassins de rétention et de sédimentation. La gestion des eaux pluviales permet également de récolter le sable et les petites pierres utilisés comme abrasif afin d’éviter qu’ils se retrouvent dans les lacs, cours d’eau ou dans les réseaux pluviaux.

Une autre alternative consiste à utiliser des produits à bases d’acétates. Ceux-ci ont pour effet de rendre la neige pâteuse et ils facilitent son enlèvement, comparativement aux sels qui feraient fondre la neige. Ces produits sans chlorure sont biodégradables et n’ont aucun effet significatif sur l’environnement. Ils peuvent même augmenter la fertilité des sols et la perméabilité. De plus, leur faible mobilité ne leur permet pas d’atteindre l’eau souterraine. Un de ces produits, l’acétate de calcium-magnésium (CMA), est considéré comme étant moins corrosif que le sel. Il dégage aussi une légère odeur de vinaigre qui aide à éloigner les cervidés de la route. Toutefois, le coût d’application est 7,5 fois plus élevé que pour épandre du sel et sa disponibilité au Québec est limitée. Une solution à ces problèmes consiste à utiliser un mélange de CMA et de sel. À ce moment, les coûts d’applications sont seulement 2,3 fois ceux du sel et cela permet tout de même de réduire les dommages à l’environnement, aux infrastructures et aux véhicules. Enfin, il est important de mentionner que des études sont réalisées sur l’effet de la dégradation du CMA dans l’eau et son impact potentiel sur l’oxygène dissous. Bien que la plupart des études n’indiquent pas d’effet significatif, il pourrait être préférable d’utiliser le principe de précaution.

Une autre technique consiste à utiliser des liquides de préhumidification pour humidifier les grains de sel avant leur dispersion sur la chaussée. Cela augmente l’efficacité des sels et réduits de 20% à 50% les quantités de sels qui doivent être appliqués. Cependant, des études ont indiqué que ces liquides pourraient être responsables d’une augmentation des concentrations de phosphore, d’ammoniac et de matières organiques dans les cours d’eau. Cette alternative serait donc à éviter.

Une autre méthode, l’antigivrage, consiste à appliquer un produit sur la chaussée avant l’arrivée d’une tempête afin d’éviter la formation de glace noire. Bien que son efficacité à réduire les accidents ait été prouvée, ce produit aurait également quelques effets sur l’environnement et les infrastructures routières.

Évidemment, aucune des alternatives présentées ci-dessus n’est parfaite et ne peut s’appliquer à l’ensemble du réseau routier. Il est souvent nécessaire de faire du cas par cas en fonction des zones vulnérables, de l’utilisation du réseau par les usagers, des caractéristiques de la route et des ressources disponibles.

Une responsabilité partagée ?

L’entretien de 80% du réseau routier est confié à des municipalités ou des entreprises privées qui ne sont pas toujours en mesure d’effectuer une gestion des zones vulnérables aux sels de voirie en raison d’un manque de ressources. En 2011, Jean-Philippe Robitaille suggérait que les municipalités ne devraient pas être seules responsables de la gestion durable des sels de voiries. Par leurs rôles et responsabilités les acteurs suivants sont également concernés : Environnement Canada, MDDELCC, MERN, MRC, OBV et les services de police. Dans ce contexte, il propose qu’une approche concertée doit avoir lieu. Un comité de concertation pourrait être mis en place pour réduire ou éliminer l’impact des sels de voirie. Quant aux zones vulnérables qui doivent être identifiées pour y apporter des changements, une aide financière pourrait être offerte aux MRC afin d’acquérir une expertise dans ce domaine et de l’offrir aux municipalités locales plutôt que chaque municipalité ait à le faire.

 

Sources : 

1 - Organisme de bassin versant Lac-Saint-Jean (2014) Plan directeur de l’eau du bassin versant du lac Saint-Jean, Partie 2 : L’Analyse de bassin. Normandin, Québec. 231 p.  et  Organisme de bassin versant du Saguenay (2015) Plan directeur de l’eau des bassins versants du Saguenay – Portrait (Chapitre 4). Saguenay, Québec. 319 p.

2 - Jean-Philippe Robitaille (2011) Les sels de voirie au Québec : proposition d’une démarche de gestion environnementale spécifique aux zones vulnérables. Sherbrooke, Québec. 106 p.

3 – Andrée Perreault, Naoméie Gagnon et Frédéric Champagne (2014) L’entretien hivernal des routes : concilier protection de l’environnement et sécurité routière. Congrès annuel 2014 de l’Association des transports du Canada. 11p.